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Notes du cours AS/FR 3130 6.0 Sémantique et lexicologie du français
French Semantics and Lexicology

Question sur Walter «La forme des mots: Si le mot oeil est un monème, quelle est la signification de -lère dans oeillère?
Réponse: Oeillère «petite coupe pour baigner l’oeil; partie de la bride qui garantit l’oeil du cheval et l’empêche de voir de côté. À comparer oeillère avec d’autres mots de forme similaire: aiguière «vase à anse et à bec, où l’on met de l’eau pour divers usages», boutonnière «petite fente faite à un vêtement pour passer un bouton, géogr. Dépression allongée, ménagée par l’érosion dans un bombement anticlinal»…, je dirais que le suffixe -ière signifie «bassin, vaisseau, récipient, contenant». Pour obtenir une longue série d’exemples convaincants, il faudrait consulter un dictionnaire inverse de la langue française (alphabétique à partir de la dernière lettre du mot).

Question sur «La diversité du vocabulaire»: Donnez des exemples quand un seul signifiant peut porter plusieurs signifiés.
Réponse: canard, affaires. Pratiquement tous les mots disponibles sont ou peuvent être polysémiques. Sont monosémiques les mots spécialisés et la plupart des mots semi-spécialisés.

Question sur «Le sens des mots»: Que veut dire «un mot standard»?
Réponse: Sans savoir le contexte d’où vient ce syntagme, difficile à répondre. Normalement, une langue standard ou standardisée est celle qui exclut les régionalismes, les termes familiers, populaires et «vulgaires», bref, tout ce qui est particulier ou marquant.
Par contre, elle inclut les termes généralement connus et utilisés des «meilleurs» membres de la société (= ceux qui ont le pouvoir économique, politique et militaire?) Exemples: peindre, regarder, chose seraient standards vis-à-vis de peinturer, watcher et machin-truc non standards.

Question sur «Les signes non linguistiques et le brouillage des codes»: Est-ce qu’un indice peut devenir un signal? Ou vice versa?
Réponse: Je crois que non, puisqu’un indice est naturel et involontaire alors qu’un signal est artificiel et produit par la volonté humaine. Indices: les couleurs rouge, orange et jaune d’un feu dans le foyer sont naturelles. Signaux: les feux de signalisation routière (rouge, jaune, vert) sont artificiels et fabriqués; chaque couleur porte un sens précis.

Question sur «Les mouvements dans le vocabulaire»: When does a change in form become recognized by the general population?
Réponse: Il faut d’abord distinguer un changement de forme écrite d’un changement de forme orale. L’orthographe et l’écriture noir sur blanc étant des formes essentiellement mortes, qui ne bougent plus; elles peuvent mettre des siècles avant de figurer la moindre innovation survenue dans la langue parlée.
Sur le plan de l’individu, il y a ceux qui adoptent les changements linguistiques très vite et ceux qui se refusent à tout changement. Sur le plan de la «population générale», il y a des sociétés à évolution rapide et d’autres qui sont comme figées dans le béton. Donc la rapidité d’adoption de telle ou telle innovation linguistique peut varier selon les individus et selon la nature des sociétés.
Il y a aussi la question: À quel point les parents insistent-ils auprès de leurs enfants sur le maintien d’un mot ou bien d’une forme traditionnelle. Est-ce qu’ils punissent sévèrement toute innovation ou embrassent-ils plutôt une politique de laisser-aller? La punition de l’enfant va de pair avec une évolution sociale lente et une société profondément conservatrice. Par contre, l’indifférence ou le désintéressement favorise une évolution plus rapide. Une chose est certaine: Tôt ou tard les parents vont mourir et, à partir de ce moment, l’usage de leurs enfants constitue la nouvelle norme. Vont-ils punir leurs enfants ou les laisser faire?
Parmi les langues romanes et relativement à la rapidité de l’évolution linguistique, l’italien et l’espagnol sont relativement lents, le français relativement rapide. Dans le monde anglo-saxon, l’américain évolue plus rapidement que le canadien qui, lui, est innovateur par rapport au britannique. Pour émettre une grosse généralité, les langues parlées en situation minoritaire ont tendance à rester conservatrices.

Question: Qu’est-ce que Walter veut dire dans la section «Méfiez-vous des formes négatives»? (p. 312). Comment pas évident serait-il le contraire de facile? Comment pas aidé se dirait-il de quelqu’un d’un peu «demeuré» ou pas très beau?
Réponse: Dire le contraire de ce qui est vrai pour produire un effet de mise en relief: Vous portez une méchante veste aujourd’hui! WalMart fait un malheur sur le marché canadien! Chez Sears, les prix sont écoeurants (= super)! Pas évident! (parfaitement clair). (La réponse à une question, la solution d’un problème), donc logiquement «difficile ou compliquée». Quand une solution ou une réponse est facile ou évidente, on pourrait dire «c’est facile/c’est évident». Mais par ironie ou par sarcasme, on dira plutôt: Pas évident! Angl. “That’s a really tough one!» De même, si votre frère est un petit génie, vous pourriez l’appeler «la bête de la famille» [= the dummy of the family]. Quant à un pas aidé, il faut croire que Dame Nature n’a pas dépensé beaucoup d’efforts pour aider cette personne.

Question: Quel est l’idée de Walter quant elle nous cite les abréviations et les mots adolescent,
appartement, etc., à la page 128 (313) ?
Réponse: Elle dit que certains de ces mots tronqués peuvent provoquer une hésitation momentanée, soit une véritable ambiguïté: accro (les accrochés ou les acronymes?), doc (docteur ou documentaire?), deb (débile ou débutant?) micro (microphone ou microprocesseur?)

Question: Qu’est-ce qu’une litote? J’ai compris l’exemple «Va, je ne te hais point!» qui veut dire le contraire de «Je te déteste!»
Réponse: Ou encore mieux: «Je t’aime éperdument, à la folie!». Litote (f.), procédé qui consiste à dire moins pour faire comprendre plus. Angl: understatement, litotes. C’est un terme de rhétorique classique.

Question: Qu’est-ce que c’est l’anacoluthe? Que veut dire: «Il dit et déracine»?
Réponse: «rupture, sans liaison, changement brusque de construction grammaticale».
Vraisemblablement, la phrase veut dire: «Il dit [tout ce qu’il a à dire, puis ensuite] il s’en va.»

Question: Qu’est-ce qu’une catachrèse et une synecdoque?
Réponse: Catachrèse (f.) «Métaphore qui consiste à employer un mot au-delà de son sens strict, comme, p. ex., les pieds d’une table, être à cheval sur une branche, saupoudrer de sucre, un verre en plastique, un pavé en bois. Synecdoque (f.), (syn. Métonymie) «procédé de style qui consiste a prendre la partie pour le tout «payer tant par tête» [= par personne], le tout pour la partie «s’acheter un vison» [=un manteau fait de la peau de cet animal]. D’autres exemples: boire une bonne bouteille, prendre un verre, porter un castor.

Question: Je n’ai pas compris la signification d’assurer et craindre dans l’usage des jeunes (pp. 126-127).
Réponse: Normalement, assurer et craindre sont des verbes transitifs prenant des compléments d’objet direct. On dit donc: assurer une automobile, assurer le bonheur de quelqu’un, assurer une permanence, assurer un fait à quelqu’un, craindre la mort, craindre son père, craindre qu’il va pleuvoir.
Si j’ai bonne mémoire, Walter dit que les jeunes utilisent ces deux verbes antonymiques sans complément d’objet, comme intransitifs. Exemples. Le professeur Codinde assure! «Il est sûr de lui, il inspire de la confiance chez ses étudiants, donc on peut croire tout ce qu’il dit, aucun problème! Par contre, Le professeur Dindonneau craint! «Il prétend être compétent, mais ne l’est pas en réalité, donc il n’inspire pas confiance et pour cette raison on ne peut jamais se fier à ce qu’il dit».

Question: Quelle est la différence entre botte et cuissarde si Le Petit Robert nous dit qu’une botte est une chaussure qui «enferme le pied et la jambe et parfois la cuisse.» Puis est-ce que Henriette Walter nous dit aussi que la raison pour laquelle les deux dictionnaires (Le Larousse et Le Petit Robert) ont des définitions un peu différentes c’est parce que le mot a eu une extension de sens donc il y a eu un glissement de mot (=sens?).
Réponse: Différents confectionneurs de dictionnaires, différents points de vue, différentes définitions. Pour moi, une botte est «une chaussure qui couvre le pied et au moins une partie de la jambe». La cuissarde est un type de botte haute qui couvre la cuisse. À la limite, j’y vois une extension de sens, attribuable au fait que quelqu’un a inventé un jour une nouvelle botte pour ceux et celles qui s’aventurent dans les ruisseaux, rivières, étangs, marais et lacs. Peut-être aussi à l’intention des pompiers?

Question: TPs deuxième leçon, exercice 5a: 6 – remorquer = remorquage (aussi FQ = *touage)
8. peau = pelage «coat of an animal, fur, skin» 9. claquer = claquage (d’un muscle, d’une porte, par exemple). Exercice 2a) coeur = écoeurer (+ encourager, décourager)

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