Courriel

Courrier électronique pour débutants

Le texte suivant a paru dans le journal Torontois l’Express (en page 8, semaine du 8 au 14 décembre 1998, sous la rubrique Internet@l’Express).


Bien qu’on parle plus souvent qu’autrement dans cette chronique du World Wide Web – en français la «toile» mondiale – il n’en demeure pas moins que le courrier électronique reste, encore et toujours, l’application la plus populaire d’Internet.

De nombreuses personnes n’utilisent que le courrier; plusieurs n’ont en fait pas le choix, puisque leur ordinateur ne leur autorise qu’une adresse de courrier électronique, parce qu’il n’est pas assez puissant pour naviguer sur le Web – quand ce n’est pas carrément le patron qui l’interdit…

Une enquête d’un groupe appelé The Emerging Technologies Research, publiée en août ’97, concluait que le courriel était devenu «indispensable» à 20 millions d’Américains. Quelque 60% des internautes se branchent au moins une fois par jour pour aller chercher leurs messages – contre «seulement» 49% pour se promener sur le Web.

Chiffre impressionnant: d’après le magazine Computer World, il se serait échangé, en 1997, pas moins de 2,7 milliards de messages électroniques! À ce rythme, on atteindra les 7 milliards en l’an 2000!

Curieusement toutefois, plusieurs internautes hésitent encore à s’en servir – ou ne le font que du bout des doigts, convaincus qu’ils sont de courir un grave danger s’ils appuient sur la mauvaise touche.

Première leçon: cessez d’avoir peur

L’avertissement paraîtra enfantin à certains internautes, et pourtant, on aurait tort de négliger cette peur qui envahit quelqu’un qui n’a pas grandi avec un ordinateur dans sa chambre. La machine impressionne, et l’idée de pouvoir envoyer un message gratuitement, instantanément, sans effort, dépasse l’entendement. Ce qui apparaît à certains d’entre vous tout à fait normal ne l’est pas du tout pour d’autres.

Première leçon, donc: cessez d’avoir peur. Ouvrez votre logiciel de courrier électroniuqe – Eudora, par exemple – ou la section «courrier» de votre logiciel «Internet» – Firefox ou Internet Explorer, par exemple – et faites des tests.

Si vous n’osez pas déranger un ami, faites vos tests en vous envoyant des messages à vous-même. Vous écrivez votre adresse de courrier (le truc avec un @ au milieu) sur la ligne du haut, vous appuyez sur «Envoyer» (ou «Send») et c’est tout. Le pire qui puisse vous arriver est que le message ne se rende pas à destination, auquel cas, il vous reviendra dans quelques secondes.

Leçon numéro deux: amusez-vous

Même les internautes expérimentés se servent souvent très mal de leur courrier électronique. Par exemple: vous pouvez créer votre carnet d’adresse, ce qui vous évitera d’avoir à mémoriser l’adresse de Pierre, Jean, Jacques. Nous en parlerons dans la prochaine leçon. Vous pouvez créer différentes filières, si vous recevez des dizaines de messages par jour. Nous y reviendrons aussi.

Mais cette semaine, je me contenterai de vous apprendre quelque chose de très simple, que trop de vétérans n’ont pas encore maîtrisé: quand vous envoyez un même message à 10 ou 20 personnes, de grâce, utilisez la ligne BCC!

C’est quoi, cette ligne? Si votre logiciel est le moindrement perfectionné (Eudora, qui est gratuit, est un modèle du genre) vous trouverez en haut de chaque message une ligne «CC» et une ligne «BCC». CC, vous l’aurez reconnu, est l’abréviation de «copie conforme». Le B de BCC par contre, signifie «Blind» (aveugle), et c’est capital: si vous inscrivez 100 adresses sur la ligne «CC», chacune de ces 100 personnes recevra un message… avec les 99 autres adresses en haut du message, ce qui risque de faire un «colis» assez volumineux.

En revanche, si vous inscrivez ces adresses sur la ligne BCC, elles resteront anonymes à tous vos autres interlocuteurs. C’est particulièrement pratique si vous voulez éviter que quelqu’un d’autre ne s’approprie – pour des envois publicitaires, par exemple – votre liste d’adresses privée…

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